1er monument aux fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale


Le vendredi 6 avril 2019 a été inauguré le 1er monument aux fusillés pour l’exemple de la 1e guerre mondiale. Ce monument a été réalisé grâce à la participation de nombreux contributeurs, syndicalistes, libres penseurs, ligueurs ou descendants de fusillés.

Le combat pour la réhabitation des fusillés a été mené dès les années 20 par la Ligue des droits de l’Homme et seuls une quarantaine sur les 639 fusillés recensés ont été réhabilités aujourd’hui. La Libre Pensée suivie par les syndicats FO, Cgt et FSU réclament aujourd’hui la réhabilitation de tous les fusillés afin qu’on ne dise plus qu’ils furent morts « par » la France.

On le sait, Jaurès était le dernier rempart contre la guerre et il préparait un grand rassemblement international pour la paix au moment de son assassinat qui ouvrit la voie vers la guerre. Dès septembre 1914 un décret donnait à l’armée tous pouvoirs pour établir une justice d’exception avec des tribunaux composés de 3 juges, des avocats commis d’office et seuls deux issues possibles : l’acquittement ou l’exécution. Les décisions étaient commandées par la hiérarchie, un rapport médical pouvait suffire à envoyer un poilu à la mort et sans appel possible, les sentences étaient mises à exécution dans les 24 heures. Sur le podium des généraux sanguinaires de cette sale guerre, on trouve Julien, Mangin et Pétain, de sinistres personnages qui sont encore présentés comme des héros de guerre ! Dans les rapports de jugements, se lit aussi une justice de classe avec mépris et insultes.

La polémique ouverte par des historiens locaux sur l’idée que l’érection de ce monument efface la différence entre les fusillés responsables de délits et ceux qui ont refusé de porter les armes est scandaleuse car elle justifie la mise en place d’une justice d’exception, et c’est bien celle-ci qu’il faut condamner car tout accusé a droit à une défense.

C’est par le combat du député socialiste Paul Meunier, membre de la Ligue des droits de l’Homme, que le décret de 1914 est abrogé en avril 1916. Après l’armistice, Paul Meunier est victime d’une cabale menée par l’extrême-droite et emprisonné durant plus de 2 années. Il mourra des suites de cet emprisonnement en 1922.

Les généraux avaient adopté une autre méthode pour faire disparaître les éléments récalcitrants de l’armée : la déportation vers les bagnes coloniaux qui aurait concerné des milliers de personnes. Un pan méconnu de l’histoire de la Grande guerre doit encore être étudié.

Merci à tous les contributeurs, à la ville de Chauny, au mouvement de la Libre Pensée, aux camarades de la Ligue des droits de l’Homme et aux syndicats pour avoir permis que soit édifié ce premier monument aux fusillés pour l’exemple.



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