HUMUS, HUMAIN, HUMANITE

C’est devenu tristement banal, un agriculteur s’est donné la mort, ici dans le village voisin, dans une famille amie. Mais cette banalité est inacceptable : mourir à cause de dettes ou mourir d’isolement parce que l’agriculture chimique laisse l’agriculteur seul face à son champ ! Les campagnes se vident, les paysans ont disparu, les agriculteurs sont en voie de disparition. Qui créent les richesses de nos territoires ? qui créent la beauté de nos paysages si peu sauvages, si maîtrisés ? Que serions-nous, rurbains habitant le monde rural avec les habitudes des urbains, sans ces faiseurs de champs nourriciers ?

Le fossé peut sembler parfois profond entre les consommateurs, désireux de produits de qualité et d’espaces de loisirs et les agriculteurs poussés par la rentabilité, le rendement et le remboursement du crédit. Le dialogue est difficile tant la chambre consulaire semble défendre un modèle agricole destructeur qui privilégie les grandes exploitations au détriment des fermes familiales et promeut l’agriculture intensive censée « nourrir le monde » contre une agriculture paysanne plus localisée à laquelle aspirent de plus en plus de citoyen-ne-s.

Pourquoi ce modèle mécaniste pousse-t-il les agriculteurs au suicide ? À cause des dettes d’abord puisque cette agriculture nécessite de lourds engins, des investissements permanents. À cause des aides aussi sans lesquelles le modèle n’est pas viable, est-il sain de ne pouvoir vivre dignement du fruit de son travail ? À cause de la solitude enfin car le monde paysan n’existait que par l’entraide, la solidarité, le coup de main pendant les récoltes, le partage de matériel, la coopération pour les achats et les ventes. Or, dans le modèle mécaniste, l’agriculteur est seul dans son champ, son tracteur est géolocalisé, la précision des dosages et le contrôle du temps ne laissent pas de place à l’erreur et pas de place non plus à l’échange, au verre pris avec le visiteur, etc. Dettes, dépendance et solitude. Ce métier qui était fait de relation, d’échanges et de polyvalence s’est vidé de sa substance.

Le monde agricole a besoin d’un soutien urgent, le devenir des espaces agricoles nous concerne tous, chacun individuellement par souci de santé et tous collectivement pour le maintien des écosystèmes, des paysages et d’une économie durable. Mais ce soutien n’est pas d’abord financier, en premier lieu il est humain. Au « marché des amis », l’agriculteur peut échanger avec les consommateurs autant pour exprimer ses difficultés que pour comprendre les besoins et adapter ses pratiques. Avec la condition que la coopérative reste à taille humaine, les échanges avec les autres agriculteurs et les directions choisies collectivement apportent une évolution positive des pratiques. L’évolution vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des besoins sociétaux nécessite une implication citoyenne mais aussi une maîtrise des pratiques qui passe par l’intéressement au foncier.

Le sol est un bien commun, son usage doit être décidé en commun. Humus, humain, humanité : cette devise exprime le lien entre la vie du sol, l’épanouissement individuel et une structure sociale équitable. Réclamons une agriculture à taille humaine, résiliente sur son territoire, en relation avec les habitants, créatrice d’emplois durables et regénératrice pour une terre nourricière.

Yannick Champain

Nous voulons des coquelicots

Appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.

587 523 ont signé. Atteignons 750 000 !

Je signe l’Appel: https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

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